Les 400 derniers Jarawas, vers une disparition peut-être imminente ?

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Les Jarawas représentent un des peuples indigènes des Îles Andaman. Ils sont un peu plus de 400 individus qui vivent en auto-suffisance, grâce entre autres à la chasse, et à la cueillette. Une auto-suffisance et un avenir fragiles puisque leur vie est désormais menacée par les colons indiens et touristes, qui n’ont d’autre loisir que de les considérer comme des bêtes de foire qu’ils observent et « titillent » lors de safaris humains. Pire encore, les Jarawas sont aujourd’hui victimes d’agression, de viol, de vol, et autres vices tout droit venus du « monde civilisé ».

Si vous avez la flemme de lire l’article, alors vous pouvez directement visionner les vidéos à la fin de ce dernier.

Les îles Andaman, en passe de devenir un enfer pour ses autochtones

Ces 550 îles dont seules une vingtaine sont habitées, forment un archipel situé dans l’Océan Indien, à 2h des côtes Est indiennes, dans le Golfe du Bengale. La capitale est Port Blair. Les îles bénéficient d’un climat tropical leur offrant une faune et une flore exceptionnelle. L’archipel appartient au gouvernement indien depuis 1947 et fait l’objet d’un intérêt de plus en plus grandissant de la part des touristes. Ce n’est pas surprenant ; plages de sable blanc, eau turquoise, spots de plongée paradisiaques,… font des îles Andaman un lieu paradisiaque.

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© Mariusz Prusaczyk
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© Yohanna ShantiTravel

Les îles Andaman recensent de multiples richesses naturelles ; on peut ainsi citer la centaine d’espèces d’oiseaux endémiques qui y vivent. Il y a environ 96 sanctuaires de faune, neuf parcs nationaux et une réserve de biosphère.

Les jarawas, premiers peuples d’Asie

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© organic the jarawa

On estime le peuplement des îles Andaman à environ 70 000 ans. Les différents peuples indigènes de ces îles ont vécu jusqu’en 1850 séparés et isolés, se diversifiant ainsi en groupes linguistiques, culturels et territoriaux. Les premiers peuples autochtones des îles Andaman découverts après 1850 étaient : les Grands Andamanais, qui représentaient collectivement au moins 10 sous-groupes et langues distincts, les Jarawas, les Onges, et les Sentinelles (le plus isolé de tous les groupes).

Ces tribus ne ressemblent pas physiquement aux indiens, et pour cause ; elles font parties des premières migrations humaines depuis l’Afrique vers le reste du monde. Ayant vécu complètement isolées pendant des milliers d’années, elles ne partagent pas (ou peu) de trait  en commun avec la population indienne.

Les Jarawas vivent par groupes d’environ 50 individus dans leurs habitations nommées « chaddhas ».  Un peuple qui vit avec et pour la nature mais qui se retrouve aujourd’hui sous la menace des incivilités et des vices de notre civilisation. Le gouvernement indien souhaite « leur offrir une éducation ». Mais pourquoi ? Pour apprendre à gagner de l’argent, devenir immensément riches et abandonner leur terre aux complexes hôteliers et à la pollution humaine ? Le gouvernement indien n’a en fait rien à leur offrir, mais tout à leur prendre.

Les Jarawas vivent de chasse, de pêche, de cueillette. Munis de leur arc et de leurs flèches, ils savent tirer profit des trésors que leur offre la nature : poissons, cochons sauvages, crabes, fruits, racines, miel, …  ils ne manquent de rien, se portent très bien ! En fait, ce n’est plus vraiment le cas… Ils ne se portent plus si bien que ça ; dans leur élan de colonisation des terres Jarawas, les indiens ont apporté la maladie, le braconnage, l’alcool, le tourisme dont l’activité phare est le safari ! Safari dont le but est « d’observer les Jarawas dans leur environnement naturel ». Les touristes s’éprennent de leurs chants, de leur physique, de leurs mimiques,… ils leur lancent des bananes en échange de geste, de chants, de danses. Ça ne vous rappelle pas quelque chose ?

Les hommes de la tribus sont sortis à de nombreuses reprises de la forêt pour aller dénoncer ces actes barbares aux autorités indiennes qui n’en ont que faire.

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© Ariberto De Blasoni/Survival

Sous cet afflux de gens, le gibier fuit, les Jarawas sont exposés aux maladies ; la rougeole a à deux reprises décimé une grande partie de leur population. Les braconniers poussent les jarawas à consommer alcool, tabac. Ils volent le gibier, s’amusent à tirer sur les Jarawas pour les effrayer,… enlèvements, viols, sont aussi commis sur la tribu. Les gardes forestiers fournissent à la tribu vêtements, lampes de torches, marmites, … toutes ces choses qui font que finalement, le mode de vie des Jarawas évolue vers notre mode de vie. Mais à quel prix ?

Rappelez-vous, plus haut je vous ai cité 4 peuples autochtones des îles Andaman. Les Sentinelles préservent encore leur autonomie et leur liberté sur leur île. Personne n’a encore pu les approcher… Mais combien de temps préserveront-ils encore cette liberté ? Il en reste environ 200 aujourd’hui. Les Grands Andamanais ont littéralement été décimés suite à la colonisation Britannique. Environ 5 000 avant colonisation, il n’en restait qu’une cinquantaine en 2010. C’est  malheureusement le même sort pour les Onges ; il n’en reste qu’une centaine aujourd’hui tout au plus. Il semblerait malheureusement que les Jarawas soient voués au même sort que leurs voisins si le gouvernement indien n’entend pas raison.

Pétitions et actions pour la survie des Jarawas

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© organic the jarawa

Deux sources m’ont particulièrement permis de connaître l’histoire de ce peuple, me permettant ainsi de vous la relater ici : Survival International et Organic Jarawa. N’hésitez pas à visiter leur site et leur page Facebook, Instagram. Ils publient régulièrement des articles sur la situation des Jarawas, ce qui permet de suivre dans le temps l’évolution de leur sort. Plus encore, ces deux organisations font leur possible pour médiatiser et donc faire connaître l’histoire des Jarawas et tentent de leur venir en aide en dénonçant la fourberie du gouvernement indien et en le sommant de laisser ses tribus andamanaises en paix.

Organic The Jarawas a réalisé un magnifique documentaire dont vous trouverez les extraits ci-dessous. Vous pouvez louer (5€ les 30h) ou acheter (30€) le documentaire entier. Un magnifique reportage de Alexandre Dereims, réalisateur & Claire Beilvert, productrice.

Vous pouvez aussi simplement faire un don. Les revenus récoltés serviront à financer les actions de l’organisation. Et enfin, un geste qui ne coût rien : signer la pétition que l’organisation enverra au gouvernement indien et aux organisations internationales pour mettre fin à cet ethnocide et protéger les Jarawas.

 

Sources :
andamans.gov.in
Organic The Jarawa
Survival International
Cytizeum

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